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Notre histoire

La municipalité de Saint-Prosper-de-Champlain érigée canoniquement en 1850, a été détachée de Sainte-Anne-de-la-Pérade et Sainte-Geneviève-de-Batiscan, ce qui ne fut pas sans heurt, entraînant des discussions assez vives entre les curés de ces deux villages. 
 

 

Par contre, l’érection en municipalité en 1855 se fit sans problème. Le premier procès-verbal date du 24 juillet 1855, à la suite de la convocation par le Régistrateur du comté de Champlain. L’assemblée fut présidée par M. Augustin Massicotte, écuyer et figure dominante de la paroisse, laquelle assemblée a élu M. Augustin Massicotte maire, M. F.-X. Trudel, Flavien Gravel, M. Hubert Jacob, M. Jean-Baptiste Lefebvre, M. François Jacob et M. Dieudonné Pronovost, conseillers ainsi que M. Philippe Girard, secrétaire-trésorier. Les premières réunions se sont déroulées dans les maisons, ensuite au deuxième étage du couvent des sœurs, autrefois salle paroissiale de Saint-Prosper-de-Champlain. Selon le recensement de l’année 1861, 1 028 personnes vivaient à Saint-Prosper-de-Champlain et au début de 1900, on en comptait près de 1 500.    

Située au pied d’une montagne d’érablières, Saint-Prosper-de-Champlain est une vaste plaine fertile, dont écrivait M. J.-B. Prévost en 1861 « Complantée de belles érables dont on fait une quantité de sucre chaque année ». Ses riches terres agricoles, qui produisaient d’ailleurs le meilleur blé, alliées à une forêt majestueuse, contribuèrent à une activité intense. On y a compté plusieurs entrepreneurs forestiers. Des moulins à scie et à farine faisaient partie du paysage. Du côté agricole M., F.-X. Trudel fut le fondateur d’une coopérative de beurre et fromage qui s’étendit dans toutes les paroisses avoisinantes jusqu’en Abitibi, en passant par La Tuque. Une grande animation se déroulait au cœur du village avec l’église, le couvent, trois magasins, une boulangerie, une cordonnerie, une boucherie, plusieurs forges. Étaient également présents au village : un médecin et deux notaires, dont l’un fut aussi apiculteur. 
 
Les deux chemins de fer : Le Grand Tronc, aujourd’hui disparu et le Grand Nord remplacé par le Canadien National ont été le point d’embarquement de marchandise : grain, bois, bétail, lesquels produits étaient envoyés vers l’Abitibi et le Lac Saint-Jean. La gare de l’époque n’est plus, mais elle a vu passer une foule de gens venant des paroisses environnantes prendre le train pour des destinations lointaines.    

Plusieurs familles se sont exilées en Abitibi et dans l’Ouest Canadien, où ils ont acquis une grande renommée. Qui n’a pas entendu parler, entre autres, de Mme Alexina Godon, veuve de M. Philippe Croteau et sa percée en Abitibi ? Toutefois, le nom de M. Augustin Massicotte subsiste. Associé à la maison du cadran, cet homme demeure le pionnier de notre paroisse. 

Puisse tous les citoyens de Saint-Prosper-de-Champlain honorer ces bâtisseurs et donner à notre coin de pays, l’élan et la passion qui ont animé nos aïeux. Que Saint-Prosper-de-Champlain vive et grandisse : nous en avons les outils et les moyens d’y parvenir. 

Salut à vous tous, citoyens de Saint-Prosper-de-Champlain 

Gérard Ébacher, historien